Vers un marché du foetus : l'Homme à tout "prix"

2) Vers un marché du fœtus : l’Homme a tout prix

 

La troisième et toute derière partie de la vidéo, clonage: réparer l'homme par l'homme, il est premièrement question du statut de la France vis à vis du clonage. Puis il y a un élargissement de cette question dans d'autre pays. Le Président Didier Sicard et quelques membres du CCNE (comité consultatif national de l'éthique) paraissent ici. Ils nous explique leur opposition face à l'utilisation des cellules souches embryonnaire. Au contraire des membres du CCNE le professeur Marc Peschanski, directeur du centre de recherche de l'INSERM, est favorable à l'utilisation des cellules souches embryonnaires.

 

Le professeur Claude Sureau, l'un des rares membres du CCNE a être en faveur de l'utilisation des cellules souches provenant d'un embryon déclare qu'il y a des cas où il faut

" sacrifier une vie pour sauver une autre vie".

Dans cette citation réside tout le problème du statut de l'embryon humain, est-ce que celui-ci est déjà humain? Cette citation amène également le problème suivant:

Mais quelle vie faut-il sacrifier ? Quelle vie faut-il sauver?

 

www.dailymotion.com/relevance/search/clonage%2Bcellules%2Bsouches/video/x4ld9s_clonage-reparer-lhomme-par-lhomme-4_tech

 a) commercialisation de l’Homme

D'après Axel Kahn « le progrès scientifique est trop souvent gangrené par la logique marchande ». 

 

 

 

En effet, le cas de la secte Raélienne illustre bien cette citation car elle se sert de ses avancées scientifiques pour s’enrichir et compte sur les médias pour faire sa publicité.

 

Un livre de propagande de la secte raëlienne

La présidente de la compagnie Clonaid et membre de la secte raélienne, Brigitte Boisselier, a prétendu que son équipe aurait soi-disant produit un bébé cloné, malheureusement aucune preuve n'a été apportée.

Depuis cette annonce au grand public, la secte raélienne annonce sur son site internet qu'elle vend ces services de clonage pour la modique somme de deux cent mille dollars US. A ce prix là les parents peuvent choisir grâce à des photos publiées sur le site, la femme qui donnera son ovule, afin de pouvoir choisir leur futur bébé. Mais ce n'est pas tout, il propose également de stocker de l'ADN pour « seulement cinquante mille billets verts ». Ils peuvent aussi, cloner votre compagnon annonce « Clopanet ». Et si la femme est a court d'argent elle peut vendre ses ovules pour cinq mille dollar.

Ce site n'est pas un canular loin de là c'est le site de la Secte Raélienne dirigée par le gourou Raël, alias Claude Vorilhon. Claude Vorilhon ne cesse de se servir de la science pour arriver à ses fins; atteindre la vie éternelle. Il envisage même de cloner directement un adulte en lui transférant sa mémoire et sa personnalité.

 

Ce site, par ses aberrances, nous amène implicitement à réfléchir sur notre corps, nos pronucléus (gamètes).

 

 Peut-on nous commercialiser? Donner notre corps à la science sans être mort? Est-ce logique ? Est-ce moral? Tant de questions qui sont résolues par des législations (voir la sous-partie suivante)  établies en France pour nous mettre à l'abri de tentations ( celles par exemple de se commercialiser pour gagner de l'argent).

Mais ces questions peuvent également être résolues en lisant des magazines comme Clonage et OGM qui déclarent que «  Toute tentative de clonage humain constitue un acte scientifiquement et pleinement condamnable. ». Après cela chacun à le droit de penser ce qu'il veut, cependant se dresse toujours une limite; celle de ne pas nuire à autrui.

Le biologiste Panayotis Zavos, fondateur d'un centre de traitement de l'infertilité à Lexington et  son ami Severino Antinori, médecin italien désirent cloner des êtres humains afin d’aider des centaines de couples stériles à réaliser leur rêve. Bien entendu ceci moyenne un coût de 50 000 dollars !

 

 

 

 

Certaines sociétés encouragent même les femmes à l'avortement, afin de récupérer leur embryon et  d'extraire les cellules souches embryonnaires qu’il possède. Ces dernières sont extrêmement importantes car elles ont le pouvoir de cloner les tissus de tous les organismes.

Mais cette technique n’est pas légalisée car elle atteint à la vie et se sert de la reproduction sexuée des Homme uniquement à des fins scientifiques et non pour mettre au monde un être. N’oublions pas que l’embryon est alors âgé de 4 ou 5 jours lorsqu’on le tue pour extraire ces cellules souches embryonnaires. Si tous les scientifiques agissaient comme ces sociétés alors l’Homme ne serait-il pas en voie de disparition ?

Y a-t-il d’autres alternatives ?

Des solutions existent contre cet encouragement « inhumain ».

 

 

Parmi celles-ci nous avons, l’utilisation des cellules souches issues du cordon ombilical du bébé à sa naissance.

 

Ou bien l’usage des embryons surnuméraires sans projet parental, c'est-à-dire des embryons crée in vitro à partir d’ovules et de spermatozoïdes appartenant au couple, car la femme rencontrait des problèmes pour avoir un enfant. Comme plusieurs embryons ont été crées (pour être sûr qu’au moins un soit viable) et qu’il n’y en a qu’un qui a été introduit in vivo, les autres ne sont plus utiles et sont donc congelés. Le plus souvent, après cinq ans, ils sont jetés à la poubelle alors qu’ils pourraient être réutilisés lors de recherches thérapeutiques. La France évalue à 400 000 les embryons, conçus par fécondation in vitro, qui ne font plus l’objet d’un projet parental.

Ou encore l’utilisation des embryons issus de l’IVG (Interruption Volontaire de la Grossesse qui est légalisée en France depuis la loi Veil).

 

Enfin, tout récemment une femme, Catherine Verfaillie de l’Université du Minnesota, a même expérimenté la technique de rajeunissement des cellules souches adultes. Cette technique consiste à transformer des cellules souches adultes (limitées à régénérer les cellules de l’organe auquel elles appartiennent) en cellules souches embryonnaires, capables de régénérer n’ importe quel type de tissus. Cette alternative retirerait le problème d'ordre éthique de la thérapie car elle n'exigereait pas le clonage, puis la destruction d'un embryon, être humain en devenir.

 

De multiples paradoxes concernant les décisions éthiques suivent ces solutions. D’une part en ce qui concerne les embryons surnuméraires, le fait qu’ils soient jetés quand ils ne sont plus utiles, au bout de cinq ans de congélation, et que l’éthique n’intervienne pas et ne donne pas de solutions pour éviter se gâchis voire même cette atteinte à la vie est un contresens. Pourtant en France, le Comité consultatif national de l’étique, la Consultation nationale consultative des droits de l’homme, le conseil d’Etat, l’Académie des sciences et l’Académie de Médecine seraient d’accord pour ne pas jeter ces embryons en leur trouvant un projet dans la recherche fondamentale.

D’une autre part, les IVG sont autorisées en France alors que l’utilisation de ces embryons à des fins thérapeutiques est refusée. Voilà un second paradoxe : les IVG, interventions médicales qui tuent les embryons suite à un refus de la mère de maintenir sa grossesse sont acceptées, ne donnent aucun statut à l’embryon mis en cause, pourtant celles-ci sont légalisées et introduites dans les droits des femmes Française par Simone Veil en 1974 (26 novembre). 

 

 

 

 

b) législation

Le clonage humain est défini comme un « crime » par les lois françaises de biotéthique

Les législations sont loin d'être des risques pour l'humanité, bien au contraire elles visent à protéger les hommes contre ces risques.

 

 

Les législations varient d’un pays à l’autre car le statut de l’embryon n’est pas définit avec précision. Chaque pays ne s’est pas mis en accord. En théorie, les recherches peuvent être effectuées sur des embryons surnuméraires qui comme on l'a définit dans la commercialisation de l’Homme (paragraphe précédent) ne servent plus ou sur des embryons créé uniquement pour des recherches scientifiques. Nous avons bien dit en théorie car chaque pays a sa vision des choses et la pratique est une affaire de législation nationale.

 

 

 

A l’échelle Européenne, les pays membres sont divisés.

* Du côté de la Grande-Bretagne, les décisions les plus libérales ont été votées. Sont autorisés dans la législation britannique, les recherches sur l’embryon humain jusqu’à 14 jours, c'est-à-dire bien après les premières différenciations cellulaires, ainsi que le clonage d’embryons humains à des fins thérapeutiques, voté au Parlement britannique depuis février 2002.

La Human Fertilisation and Embryology Authority en d’autres termes l’autorité britannique de la régulation de la bioéthique, a même accordé la permission pour une année de créer des embryons humains à des fins de recherches ou d’application thérapeutique à une équipe de biologistes de l’Université de Newcastle. Avec cette permission ils comptent bien orienter leurs recherches sur le diabète et essayer de créer des cellules insuline à partir des cellules souches embryonnaire qui auront été mises en cultures pour qu’elles effectuent correctement leur différenciation.

 

* Du côté de l’Espagne par le loi du 22 novembre 1998, du Danemark par la loi du 10 juin 1997 et de la Suède, les recherches sur les embryons de moins de 14jours sont légalisées toutefois toute forme de clonage est interdite. Cependant l’Espagne tend vers la légalisation de ce clonage et la construction d’un réseau national de cellules souches afin de favoriser la recherche sur ces cellules et plus important encore de perfectionner la médecine régénératrice.

* Du côté de l’Italieaucune discussion jusqu'à maintenant n’a été prononcé sur la question de l’embryon. Néanmoins il se pourrait que celle-ci se fasse bientôt par la présentation d’une loi autorisant le clonage, uniquement à usage thérapeutique, au Parlement.

 

* Du côté de l’Allemagne, de la Norvège, de l’Autriche et de la Suisse une position très ferme de refus, vis-à-vis de la recherche sur les embryons et du clonage thérapeutique, a été adoptée. En effet d’après la loi fédérale allemande du 13 décembre 1990, il est interdit de faire des recherches sur les embryons humains cependant elle autorise l’importation des cellules souches embryonnaires provenant des laboratoires étrangers. La Suisse prépare une nouvelle loi fédérale qui autoriserait la recherche sur les embryons surnuméraires et les cellules souches embryonnaires à la condition que ces travaux soient justifiés au niveau scientifique et acceptable au niveau de l’éthique.

 

* Du côté de la France la loi de 1994 a été révisée et promulguée le 6 août 2004. Dans celle-ci, tout principe de clonage humain est interdit, toutefois il existe une dérogation qui autorise pour cinq ans les recherches sur les cellules souches embryonnaires. La révision de cette loi était due à la remise en cause de la compétitivité de la recherche française qui tendait, si elle n’autorisait pas une petite dérogation, vers le déclin. Ces recherches concernent les seuls embryons surnuméraires ne faisant plus l’objet d’un projet parental, les tissus et les lignées embryonnaires importées de l’étranger.

La loi influencée par le CCNE (Comité Consultatif National de l'éthique) interdit le clonage thérapeutique alors qu’à l’ONU la France fait partie des pays qui refusent sa condamnation car l’utilisation de ces cellules souches embryonnaires pourrait conduire à l’amélioration de la santé des individus et de l’humanité dans son ensemble. 

 

* Revenons sur le CCNE, organisme indépendant et consultatif, crée en 1983 qui vise à étudier tous les nouveaux progrès de la connaissance  afin de voir s'ils ne sont pas nuisibles à l'homme. En effet, selon le reportage d'arte « Europe et cellules souches »; le CCNE a comme mission de « donner ces avis sur les problèmes éthiques soulevés par les progrès de la connaissance dans ces domaines de la biologie, de la médecine, de la santé et de publier des recommandations sur ce sujet ».

 

 

c) Faut-il contrôler les chercheurs ?

      Pour répondre à cette question, présentons tout d'abord différents concepts qui définissent l'être humain. Tout d'abord, l'être humain est défini selon Emmanuel Kant au XVIIIème siècle dans sa Métaphysique des moeurs comme un sujet moral. L'Homme est une fin en soi et non un moyen. Il est un être individuel et autonome, de raison et de volonté. A partir de cette considération, l'Homme ne devrait pas être modifié car il constituerait un moyen. C'est le cas avec les « bébés-docteurs », on envisage alors l'embryon, le bébé à naître comme un moyen de guérison pour un frère ou une soeur atteint d'une maladie. Ce principe consiste à sélectionner un bébé sain en éprouvette pour tenter de sauver par greffe son frère ou sa soeur aîné atteint d'une grave maladie héréditaire. Cette pratique par l'appellation « embryon-médicament » accentue l'aspect purement utilitaire de la création de l'embryon.

      Nous pourrions adresser la même critique aux scientifiques du clonage thérapeutique qui, en considérant la logique de Kant, fabriquent des embryons humains pour s'en servir comme réservoir de cellules souches et donc utilisent l'Homme comme un moyen et non une fin.

       Se développe alors une méfiance et un pragmatisme face aux biotechnologies et donc aux chercheurs. En effet selon un sondage de la Sofres datant de 2000 (rapporté dans le magazine Philosophie de décembre2006-janvier2007 )sur un échantillon de 1500 personnes : 78% des français pensent qu'il faut contrôler ce que font les scientifiques dans leurs laboratoires pour éviter que des recherches dangereuses pour la société ne se développent.

 

 

 

 

 

 

      Cela nous rapproche de la vision du scientifique apportée avec le mythe de Frankenstein, les mythes de Prométhée, de l'Apprenti sorcier et le Faust de Goethe dépeignant l'image du scientifique ayant vendu son âme au diable. Le mythe de Frankenstein nous présente un scientifique qui crée une créature imparfaite. En effet son créateur lui refusera de ressentir amour, compassion et tout sentiment d'humain authentique puisqu'il va détruire la créature féminine qu'il assemblait à cette fin. Sa créature restera donc un monstre solitaire, à l'humanité incomplète, privé de sa soif d'amour et donc incontrôlable. Le chercheur est perçu de façon négative comme une personne qui se décerne le droit divin de décider de la nature des êtres vivants.

   De plus, selon Platon, le savoir et par extension la science ne suffisent pas à déboucher sur la vertu. Grâce à Prométhée et le vol du feu, l'Homme possédait les arts et les techniques, mais il n'a pas les vertus civiques. Protagoras interprète ainsi le mythe ; la science et les techniques sont indispensables mais insuffisantes à l'Homme pour survivre. Il lui faut également la justice et le respect mutuel qui sont d'une autre nature.

 

 

 

 

Enfin, Rabelais blâme la « science sans conscience ». Ainsi, Axel Kahn souhaite rappeler le chercheur à ses droits de conscience.

 

 

 

Suit une video d'Axel Kahn sur le statut du chercheur

Axel Kahn, raisonnable et humain

http://www.youtube.com/watch?v=wB4WMIeqepw&feature=user

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 05/03/2008

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