Vers une société triée et modifiée?

3 Vers une société triée

 

 

 

 

 

a) certaines maladies ne sont pas soignées

Même si le clonage thérapeutique pourrait soigner beaucoup de maladies, grâce aux cellules souches embryonnaires totipotentes qui se différencieraient selon le besoin, ce clonage ne pourrait pas soigner toutes les maladies qui existent sur la Terre des exceptions se feront toujours.

 

 

Le clonage thérapeutique ne pourrait en effet soigner que certaines maladies bien localisées : cette technique serait par exemple difficilement applicable pour soigner la myopathie, on imagine mal injecter des cellules souches dans tous les muscles d'un organisme.

 

Cela qui mènerait à une sélection des maladies soignées et donc une sélection de la société. Des disparités médicales naîtront alors. 

 

Toute avancée est à prendre avec considération et avant de se lancer dans un projet qui pourrait bouleverser le monde mieux vaut réfléchir et poser le pour et le contre de cette avancée. C’est pour cela qu’on peut se poser cette question : Existe-t-il un droit à vivre sain ?

Problème :

Les cellules souches embryonnaires ne sont pas toujours celles du patient, un risque de rejet est donc possible, probabilité de réussite de l'expérience= 2%

 

 

 

 

 

Peu de réussite, 1 embryon sur 71 a abouti à 6 cellules et est mort.

 

 

 

Conséquence :acharnement de scientifiques et donc multiplication des embryons modifié et donc tués.

 

 

 

b. Vers une société modifiée? Un premier pas vers le clonage reproductif?

Un problème va survenir avec l'avancée du clonage thérapeutique et l'espoir de régénérer des organes à volonté. Peut-on dire qu'il existe un droit à vivre sain, à revendiquer d'accoucher d'un enfant sans maladie? Cette volonté rejoint une attitude que l'on pourrait qualifier d' égoïsme de l'amour à travers la volonté d'avoir une projéniture parfaite.

 

 

 

Un exemple plus concret est celui du CCNE, celui-ci est actuellement impliqué dans une réflexion sur la responsabilité de la société envers ses membres handicapés, et des questions soulevées par la notion d'un préjudice personnel d'être né d'un handicap. De plus, nous pouvons citer l'affaire Nicolas Perruche où un enfant handicapé a été indemnisé en établissant un lien de causalité entre une faute médicale et sa situation .Cette affaire ne traduirait-elle pas la reconnaissance par la société « d'un droit à ne pas naître handicapé », d'un droit de l'enfant à ce que lui soit évité une vie préjudiciable? Ainsi, cette  reconnaissance pourrait apporter un argument en faveur du clonage thérapeutique et ainsi le justifier au yeux de la société.

 

 

 

              De plus, le clonage thérapeutique puis reproductif pourrait entraîner une déconstruction des relations sociales et inter familiales. En effet selon le philosophe Claude Sureau, on pourrait imaginer trois situations où l'on pourrait faire naître une bébé par clonage.

 

 Tout d'abord une mère, devenue stérile mais possédant toujours un utérus aurait perdu un enfant âgé de 4 à 5 ans et envisagerait de le cloner. Peut-on avoir un enfant de remplacement?

  Ensuite, un couple stérile dont la stérilité est d'origine masculine désirerait un enfant. On clonerait alors une cellule du mari que l'on implanterait dans un ovocyte de la femme et on obtiendrait un enfant qui serait le clone du mari. La femme va ainsi accoucher de son mari, on pourrait facilement assimiler cela à une relation incestueuse.

  Enfin, supposons qu'une femme veuille cloner une cellule de son mari qui va mourir , elle ferait ainsi revivre son mari à travers son utérus. On aboutirait à la naissance d'un enfant dans le cadre d'un couple : l'enfant représentera à la fois l'enfant et l'époux. Cela détruirait totalement les relations sociales et inter familiales.

 

 

 

 

 

            Pour finir, mettons-nous dans la peau d'un clone et prenons en compte sa condition et sa situation. Qu'implique dans la construction de son identité et dans le rapport au « nous » parental, le fait de se savoir la copie conforme d'un autre? De plus, la lourde charge pesant sur un clone, car celui-ci étant le fruit d'un désir déterminé (voulu comme tel) mènerait à son ressentiment en cas d'échecs et le sentiment de ne pas devoir ses succès à soi-même dans le cas contraire.

 

 

 

 

 

            Seule la prolongation de l'âge juvénile serait  réalisable par clonage, mais nous dévierons alors vers une nouvelle espèce, celle de l'adolescent immortel. La prolongation de la vie amènerait l'élimination de la mort. Le temps serait remplacé par le mouvement : le passé, le présent et l'avenir ne feraient plus qu'un. Notre perception du monde serait ainsi totalement modifiée.

 

 

 

 

c. Selon sa religion, un accès ou pas au clonage

Il est désormais nécessaire d'aborder le point de vue des diverses religions en ce qui concerne le clonage thérapeutique. En effet, celles-ci ont un avis très prononcé sur le sujet.

 

 

 

  Selon l'Eglise catholique romaine qui applique le concept de « personne »  dès  la conception de l'embryon et donc dès la fécondation, l'embryon ne peut faire l'objet d'aucune recherche car l'Eglise lui accorde une protection totale et égale durant tout son développement. L'Homme est en effet une créature de dieu, son créateur et donc à laquelle on ne peut pas toucher. Nous pouvons citer l'exemple des catholiques traditionalistes allemands qui interdisent catégoriquement ce type de réparation de l'humain avec de l'humain, la personne humaine étant selon eux inviolable.

  L'Islam rejoint la vision chrétienne en ce qui concerne le clonage thérapeutique, selon eux, l'embryon tout comme l'être humain est sacré.

Les Juifs sont quant à eux plus modérés. Il distinguent le terme embryon de celui-ci de pré-embryon (déjà employé par le monde anglo-saxon) . Dans l'éprouvette, il n'y aurait pas de vie, aussi selon eux pour qu'il y aie une vie, l'embryon nécessiterait une implantation dans l'utérus.

 Pour revenir aux milieux chrétiens, il faut noter que l'annonce du premier clonage d'embryon humain par l'ACT a fait naître une vive inquiétude ainsi qu'une large « préoccupation » au Vatican, ils parlent dans ce cas d'instrumentalisation de l'embryon. Les milieux chrétiens affirment en accord avec Axel Kahn qu' « une autorisation de clonage thérapeutique équivaudrait à la mise au point du clonage reproductif ».

 

Cependant la société européenne se voulant laïque, la religion ne devrait faire d'interférence dans les décisions prises par les Etats, la religion ne constitue en effet qu'un acte individuel. C'est pourquoi parfois une logique plus économique et financière va guider les décisions en matière de recherche scientifique.

 

 

 

 

d) influence de la situation géographique et économique

   Des disparités existent sur le plan géographique et économique, les pays industrialisés et les pays peu développé n'ont pas la même approche face à ce clonage.

 

 

 

En effet, pour les pays les plus industrialisés, comme les Etats-Unis par exemple, la recherche est un point d'honneur. Car celle-ci apporte en partie au pays sa renommée et sa puissance. Des sociétés implantées au sein d'un même pays sont concurrentes, ce qui souligne l'enjeu de l'aboutissement, au plus vite, des recherches. Cet enjeux est notamment présent dans les deux sociétés américaines, Geron et ACT (Advanced Cell Technology) qui exacerbent dans l'art du secret et annoncent clairement leur intentions de se lancer dans la course.   

Les pays peu développés ont peu de moyens à placer dans la recherche, de ce fait ils prennent du retard et se mettent parfois hors compétition.

 

 

Revenons au monde anglo-saxon qui, quant à lui, a une vision pragmatique et utilitariste en ce qui concerne le clonage, on parle même de « monstre » Américain.

 

 

Utilitarisme et pragmatisme

   Les pays anglo-saxon dont l'Angleterre s'appuient sur une éthique utilitariste et pragmatique pour justifier leurs recherches en contradiction complète avec le principe kantien de dignité.

   L'utilitarisme et le pragmatisme sont nés en Grande-Bretagne puis ont été largement exportés aux Etats-Unis. La philosophie utilitariste tient pour origine l'empirisme, théorisé par David Hume au XVIIIème siècle, L'empirisme considère que le jugement moral ne doit pas se baser sur la raison, mais sur l'association de deux perceptions apparement indépendantes, qui grâce à ce lien de causalité aboutiront à une idée. L'origine du jugement moral n'est donc pas basée sur l'étude du bien et du mal mais il repose sur l'assouvissement de ses désirs. La notion de bien est ainsi remplacée par celle de plaisir et la notion de mal par celle de douleur. Toute référence à notre raison et donc à un jugement extérieur, aux conséquences et aux valeurs de nos actions, nous écarterait de cette éthique utilitariste.

  C'est sur cette philosophie empiriste et plus tard utilitariste et pragmatique que se basera notre société libérale actuelle qui défend l'individualisme, l'hédonisme (recherche effrénée du plaisir en opposition avec l'épicurisme) et une liberté maximale vis à vis des lois régulatrices. Le philosophe utilitariste John Stuart Mill justifiera ainsi sa théorie : « La fin justifie les moyens ». Les moyens sont appréciés en fonction des résultats. Aujourd'hui les chercheurs anglais et américains soutenus par cette philosophie sont loin d'avoir renoncé à leurs recherches dans le domaine de la manipulation du vivant.

 

 

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 18/02/2008

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